accueil
 
Nul besoin de se promener en sandales l’hiver pour être plus vert!

par

Chantal B. Leprohon, B.A., M.B.A.
Stratège et consultante en marketing
Carrefour Marketing

courriel

 
 

sandales.jpgLe marketing traditionnel est mort! Vive le marketing informatif qui vise à aider les consommateurs à mieux consommer en étant mieux informés! Dans cette optique, j'aimerais vous entretenir, au fil des prochains mois, de votre empreinte écologique et des moyens de la diminuer.

Notre empreinte écologique est une estimation de la superficie dont la terre a besoin pour subvenir à nos besoins. On peut trouver sur Internet des sites qui définissent comment calculer cette empreinte et comment réduire l'impact de chacun sur la terre. L'empreinte écologique se définit le plus souvent en termes du nombre de terrains de soccer qu'il faudrait pour subvenir à nos besoins, un terrain étant une parcelle de terre de 50 m x 100 m. Basé sur cette mesure, un Européen moyen utiliserait dix (10) terrains et un Nord-Américain en utiliserait jusqu'à vingt (20),..

Si, d'autre part, on calcule la superficie totale de la terre et qu'on soustrait les zones non productives comme les océans, les déserts et les glaciers ainsi que les superficies requises pour entretenir les animaux sauvages et domestiques, il reste l'équivalent de 3 terrains de soccer disponibles pour chacun des 6 milliards d'habitants de la planète. Inutile de préciser que, si les Nord-Américains et les Européens consomment autant, il y en a d'autres qui manquent d'espace pour subvenir à leurs besoins. Et, comme les Chinois et autres Asiatiques commencent à vouloir plus qu'un bol de riz par jour, on va manquer de terre.

Saviez-vous, à cet effet, que les vêtements que vous portez et achetez contribuent eux aussi à votre empreinte écologique?

Entre autres, j'ai réalisé récemment que la culture du coton est extrêmement polluante. Le coton, qu'on a souvent qualifié de fibre naturelle, confortable et légère, est en fait une bien mauvaise matière avec laquelle se confectionner des vêtements.

La culture du coton occupe aujourd'hui à peine 2,4 % de l'ensemble des terres arables cultivables de la planète mais nécessite l'utilisation de pesticides et d'insecticides de façon démesurée, soit 11 % de tous les pesticides et 25 % des insecticides utilisés sur la planète. Disproportionné? Pour un seul T-shirt de coton, 1,5 litres de produits chimiques sont utilisés.

Écolo le coton? Peut-être pas tant que ça. De plus, pour faire pousser un seul plant de coton, on doit consacrer près de 50 litres d'eau. C'est une plante qui assèche le terrain qui la produit. Même le coton dit écologique et/ou équitable, qui consomme moins de produits chimiques et qui est cultivé dans le respect des terres et des paysans qui y travaillent, consomme autant d'eau et appauvrit son environnement.

Pensez-y bien la prochaine fois que vous voudrez acheter une chemise de coton, et recherchez les autres possibilités comme les vêtements faits de fibres de chanvre et de bambou.

Le chanvre, que nos ancêtres cultivaient il y a déjà 4 000 ans, ne requiert aucun pesticide et offre un rendement beaucoup plus élevé que le coton. La fibre de chanvre est douce, chaude et cinq fois plus résistante que celle du coton. De plus, elle protège efficacement la peau de celui qui la porte de l'effet nocif des rayons UV.

Le bambou, pour sa part, est la plante qui pousse le plus rapidement au monde. Il pousse réellement à vue d'œil et libère davantage d'oxygène par photosynthèse que la plupart des arbres. C'est donc une excellente plante qui aide à assainir l'environnement où elle pousse. De plus, la fibre de bambou est hypoallergénique et antibactérienne.

Il y a encore bien peu d'endroits qui vendent des vêtements confectionnés à partir de chanvre et de bambou, mais ces endroits commencent à se répandre. On peut trouver de tels vêtements sur Internet et dans un certain nombre de boutiques au Québec. Même dans les grandes surfaces, on commence à trouver des chandails, des vêtements de sport et des pyjamas pour enfants et même des draps contenant des fibres de bambou.

La soie et la laine se classent aussi comme des fibres naturelles, à condition, bien sûr, que les animaux qui nous les fournissent soient traités de façon équitable. Il faut aussi faire attention à la façon dont ces fibres sont obtenues, c'est-à-dire sans surutilisation de chlore ou d'autres produits de nettoyage et de blanchiment.

Pour réduire son empreinte écologique, on peut évidemment consommer moins de certains produits et acheter des produits et des vêtements écologiques. Il faut aussi faire attention aux fibres qui composent le vêtement, se renseigner et, surtout, lire les étiquettes avec soin.

Bon magasinage écologique!

• • •

Toute reproduction totale ou partielle est interdite sans le consentement écrit de Carrefour Marketing inc.